EVOLUTION DES MATERIAUX DE CANALISATION GAZ

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Historique des matériaux de canalisation


La tôle bitumée... Un ancêtre qui dure encore sur Paris!

Les premières conduites en tôle bitumée remontent pratiques aux début du gaz d'éclairage. Les premières dataient de 1861! Depuis 193 ce matériel de réseau a été progressivement remplacé par d'autres matérieaux comme la fonte, l'acier, et, à partir de 1974, le polyéthylène haute densité (P.E.), mais il en reste encore environ 1000 kms à Paris, et elle est donc encore loin d'avoir disparue.
La tôle bitumée fut longtemps appelée tôle Chameroy, du nom de son inventeur. Son nom actuel s'explique par la couche de bitume gravillonnéqui, suoerposé à un premier revêtement de plomb protège la T.B. des effets de la corrosion.
Peu à peu on abandonna la protection de bitume au profit de la laine de verre, déjà utilisée sur les conduites acier. La méthode de raccordement des tubes de "TB" a elle aussi évoluée. On utilisait autrefois pour raccorder les tronçons de conduites des pièces d'emboitement fabriquées en régule, alliage à base d'antimoine. Par la suite, on a raccordé les tubes par un manchon de plomb soudé. En fait les vrais problèmes posés par la TB viennent précisément de cette nécesité de souder. Et souder de la tôle bitumée sans  brûler la soudure ou sans faire du "collage" n'est pas à la portée du premier venu. La technique employée, qui demandait un fameux "coup de patte", était et et est toujours celle de la soudure dite " à la cuillère". En fait de cuillère, il s'agissait de'énormes louches pour 'badigeonner" d'interminables filets d'étain fondu. Maintenant on utilise la technique de la résine (SOPROGA) pour la réalisation des branchements ou pour les jonctions de canalisation faisant la transition avec le PE (RAYTRANS).
La tôle bitumée résiste bien à la nature agressive de certains sols sulfureux et est assez souple pour suivre les mouvements de terrain sans casser. C'est dans ce domaine l'ancêtre du polyéthylène haute densité (mais en moins bien ...)


Caractéristiques du revêtement d'origine de la TB

Les parois des tuyaux sont revêtues intérieurement et extérieurement d'une mince pellicule de plomb d'environ 1/10 mm d'épaisseur. Cette opération rst réalisée par "trempage" dans un bain de plomb liquide. Elle est précédée d'un décapage des tuyaux à l'acide sulfurique immédiatement suivi d'une immmersion dans une solution de chlorure de zinc. Les tuyaux sont ensuite recouvert intérieurement et extérieurement d'une peinture à base de goudron (fournie par Gaz de France). Enfin, la protection extérieure est complétée par un épais revêtement à base de 60% de brai de houille mélangé à 40% de craie. La couche épaisse de 10 à 15 mm selon le diamètre du tuyau est étendue à chaud sur une armature fils de jute enroulés autour du tuyau. Pour augmenter la résistance du revêtement on enrobe de petits graviers calibrés dans le mélange brai-craie.  

(Article de M Testud)
Fonte grise

Divers matériaux furent successivement utilisés pour réaliser les premiers réseaux de gaz : le bois tout d’abord, puis la tôle, puis au début du XXème siècle les premières fontes coulées par gravité. C’est à partir des années 1940, que la fonte grise, qui a marqué un progrès important dans le développement des réseaux gaz, a été mise en œuvre de façon industrielle. Les fontes grises ont été posées jusqu’au début des années 1970.

La fonte grise est un matériau résistant (dureté), facile de mise en œuvre, qui n’évolue pas dans le temps et insensible à la corrosion. Elle a été aussi utilisée par les fontainiers et très largement développée dans de nombreux pays, par exemple en Angleterre (plus de 100 000 km à la fin des années 90) et à BERLIN (plus de 6000 km à la même époque).

La première génération, dont les joints d’emboîtement étaient constitués de caoutchouc naturel, sujet au vieillissement, a cédé la place à la génération « à joints Express », avec des joints en gomme synthétique résistant au dessèchement.

Au début des années 1970, une nouvelle fonte, la fonte ductile de type K9, a été mise en œuvre. Sa structure métallographique différente lui conférait une grande résistance à la traction, aux chocs et à la flexion. Plus de 6000 km de fonte ductile ont été posés depuis.

L’utilisation du polyéthylène a été généralisée à partir de 1979. Il présente toutes les qualités requises : solidité et souplesse. De plus, c’était, pour l’essentiel, le seul matériau, en dehors de l’acier, disponible industriellement et permettant de développer des réseaux en moyenne pression de 4 bar à des conditions économiques satisfaisantes.

En effet, les besoins croissants de développement du gaz naturel, nécessitaient alors d’augmenter les capacités de transit des réseaux et par conséquent d’évoluer vers des technologies de réseaux en moyenne pression (4 bars) (plus de gaz transporté dans une canalisation de même diamètre) où chaque branchement est équipé d’un détendeur qui coupe automatiquement l’alimentation des installations situées aval en cas de problème sur ces installations.

Le remplacement des fontes grises depuis 1980 (plus de 30 000 km à l’époque) avait été précédé par celui de conduites plus anciennes datant d’avant guerre (bois, tôles, autres fontes…). Ce remplacement a dû être réalisé en cohérence avec le passage d’une grande partie des réseaux en moyenne pression (4 bar) à la place de la basse pression.

Toute l’histoire du réseau gaz est marquée par la nécessité de s’adapter au fur et à mesure en fonction des progrès techniques. Les volumes d’ouvrages concernés sont tels que ces changements industriels nécessitent de mobiliser des ressources importantes et qu’il ne peuvent pas être mis en œuvre en peu de temps.

Caractéristiques des fontes grises

Les fontes grises ne cassent pas de façon spontanée, elles ne peuvent se rompre que dans des conditions particulières, par exemple sous l'effet de sollicitations mécaniques externes importantes liées au mouvement des sols. Ceci dépend de l'environnement de ces ouvrages.

Dans ces conditions particulières et rares, deux effets mécaniques peuvent se produire:
- un poinçonnement local généré par un point dur au contact du tube (cailloux, morceaux de béton, ou autres ouvrages ou éléments massifs mis en contact avec la paroi du tube) et par une charge ponctuelle appliquée. Ces événements sont rares car les canalisations sont posées dans un lit de sable qui les entoure.
- Une flexion liée aux charges transmises (trafic routier avec charges exceptionnelles) ou générées par le sol (mouvements de terrains) : tassements de terres suite à travaux, phénomènes de gel et dégel profonds des sols (permafrost), inondations importantes avec remontée de nappe phréatique, sécheresses importantes, secousses sismiques, effets d’explosion proche.

Il est à noter que les canalisations en fonte grise font l'objet d'une surveillance annuelle qui consiste en une recherche de fuites soit au moyen d'un véhicule spécial « VSR » (Véhicule de Surveillance du Réseau) soit par un agent à pied. Au-delà de cette surveillance annuelle, un contrôle supplémentaire est systématiquement réalisé après les évènements importants susceptibles de détériorer ce type d'ouvrage; tel a été par exemple le cas après les secousses sismiques de 2004 dans l’est de la France.

Par ailleurs, dans la grande majorité des cas, l’odeur très caractéristique du gaz permet à chacun de détecter toute fuite et de solliciter l’intervention des équipes spécialisées intervenant 24h/24h, 7 jours sur 7. Cette détection est facilitée quand les trottoirs et chaussées ne sont pas revêtus de façon totalement étanche.

EDF Gaz de France Distribution – Délégation Expertise Gaz
PJ. Flamand – le 6 janvier 2005

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